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Thursday, 11-Aug-2005 00:00
LEMCHAHEB Mohammed BATMA
;-) ;-) :-D :-D :-D :-D :-D :-> :-> :-> :-> :-> Mohammed BATMA
L’interpénétration avec les groupes "frères" Nass el Ghiwane et Jil Jilala a aussi souvent eu lieu. Feu Mohammed Batma (frère de feu Larbi) n’était-il pas un de leurs piliers ? Hamadi a aussi fait partie des Jil Jilala et de nouass el hamra. L’originalité de leur musique et son côté "pop", justement, a fait moult émules. D’où la prolifération de formations les imitant plus ou moins. Dans un article paru dans Le Journal, le Pr. Abdelkrim Boufarra en a recensé au moins trois :
Siham, Larsad, Jil El Ghiwane. La quête de nouvelles expériences explique la collaboration de Chérif et de Chadili avec le groupe allemand Dissidenten, écrit-il. Une collaboration fructueuse, puisque leurs albums ont connu un grand succès au Canada et aux USA. Cinq albums leur ont ouvert les portes de la notoriété internationale : Temptation, Sahara Electrik, Life at the pyramides, out of this world et Live in New York". Paru en 2000, leur dernier album chante les drames de l’émigration clandestine, du sida, du chômage… Ils avaient auparavant enregistré deux albums, avec un son toujours aussi novateur, dont un rendant hommage à… Larbi Batma. Génération Ghiwane, toujours…
Là où tout a commencé. Quand les Français décidèrent d’exploiter le bidonville des Carrières centrales (dit "karyan centra") pour construire Casablanca, ils ignoraient qu’ils créaient par la même occasion ce qui allait devenir le Hay Mohammadie, un centre culturel à ciel ouvert. Les premiers habitants furent installés dans des baraques aux dimensions précises. Les normes étaient administratives. La culture "karyaniste" pouvait voir le jour. Selon la terminologie officielle, les premiers habitants étaient des "classes dangereuses". Ça commençait fort. Et ce n’était que le début. Quand Batma, se tournant vers un portrait d’Hassan II, le montrait du doigt en chantant "goulouli, goulouli", il exprimait la frustration de jeunes qui s’étaient vus confisquer la révolution de leurs pères. En effet, Soltane Karyan Central, alias Mohammed V, était revenu d’exil, car les habitants du bidonville géant s’étaient soulevés pour lui. C’était le plein boom de l’exode rural. Les habitants affluaient de partout. On trouvait même au sein du bidonville, un mini mellah de juifs vendeurs de fripes. Des réseaux de résistance, les Carrières en regorgeaient. Michel Ecochard, un des urbanistes qui avaient le mieux compris Casa, avait pourtant prévenu les autorités. En massant des populations d’origines diverses dans un même endroit, l’on faisait naître dans leur esprit l’idée même de nation. Et en les entassant dans un dédale de baraques à la population mal répertoriée, on leur fournissait clé en mains une belle zone de guérilla — propice, ajoutons-le, à l’effervescence culturelle. Quand les militants révolutionnaires rentraient au Hay, le soir, ils se réunissaient sur des places du bidonville pour jouer de la musique du terroir. Les Abdas, les Woulad Said, les Abidate Er’ma et aussi les halkas de boughattat aussi les combats de boxe etc..... généraient la culture musicale des Nass El Ghiwane et des Jil Jilala. Zinoune, le danseur, découvrait toutes les danses du Maroc dans les mariages multiethniques du Hay. L’indépendance acquise, la culture karyaniste explosait dans tout ce qui ressemblait plus ou moins à quelque chose de vivant. La première génération de Marocains scolarisés en masse s’engouffre dans les diour chabab. Des instituteurs avides d’enseigner initient au théâtre des jeunes avides de savoir. Ces premiers jeunes diplômés du primaire filent poursuivre leurs études dans les collèges et lycées des quartiers alentour. Ils y découvrent entre autre que "would el karyan" est une insulte. Si Mohamed Would Ahibya, mort il y a deux ans dans sa baraque, se souvenait des matchs du TAS, le club de foot local. Il rigolait du surnom qu’on leur avait donné : "Transport des animaux sauvages". Pourtant le Hay Mohammadie n’est déjà plus uniquement un bidonville. On y construit aussi en dur. Mais l’esprit karyaniste y reste vivace. Mépris des autres, brassage culturel, nouvelle génération, ruralité contrariée, ouvriers mécontents, tout ceci fleurira dans un printemps culturel spontané. Comme dans tout mouvement culturel, on en a retenu d’abord la musique. Celle des Nass El Ghiwane, en premier lieu. Mais la vraie tradition du Hay, c’est plutôt le théâtre. En tout cas c’est elle qui perdure avec des bonheurs divers. Bien qu’il soit difficile aujourd’hui de savoir si l’on est artiste parce que né au Hay Mohammadie, ou bien tout simplement artiste natif du Hay Mohammadie.
Qu’en est-il aujourd’hui de la culture karyaniste , On s’en revendique sans honte. "Hay Mohammadie" est même devenue une appellation d’origine contrôlée. Mais la contestation est désormais islamiste. C’est en tout cas la plus visible. On ne vous fera pas le coup des années de plomb qui ont tué une contestation pour donner naissance à une autre moins rock’n’roll. Mais bon, on n’a jamais vu un islamiste sur une scène de théâtre. Des grandes Carrières centrales, il reste deux, trois poches éparses. Tant mieux. La nostalgie en ce domaine serait déplacée. Les habitants sont relogés dans les bâtiments du projet Hassan II. Que sortira-t-il de cette concentration de population d’un nouveau type ? Peut-être une culture karyaniste revivifiée?
On dit que ça ne prend qu'une minute pour remarquer une personne spéciale, une
heure pour l'apprécier, un jour pour l'aimer. Mais qu'on a ensuite besoin de
toute une vie pour l'oublier.
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Les étoiles filantes. Habillés de longues robes noires ornées de flammes rouge et or, ils ont introduit une touche de pop dans la culture Ghiwane. Et font une belle carrière internationale. LeEmchaheb ("étoiles filantes ou "flambeaux") s’inscrivent parfaitement dans la lignée de Nass el Ghiwane. Culturellement parlant, s’entend : creuset du Hay Mohammadie (voir ci-dessous), mais aussi poésie militante, refus de l’ordre établi, révolte contre l’injustice… tout y est. Musicalement, en revanche, la rupture est nette. Qu’il s’agisse des instruments, des mélodies ou du chant,
Lemchaheb ont cherché, dès leurs débuts (en 1974), un style qui les distingue des pionniers Ghiwane. Résultat : un métissage instrumental, obtenu par l’électrification de certains de leurs instruments, dont la mandoline. Certains ont qualifié leur style de "pop-music marocaine". Leur répertoire comporte plus de 250 titres. Lemchaheb ont joué dans les plus grandes salles marocaines. A Agadir, ils ont déplacé près de 25.000 personnes, à Carthage en 1978 plus de 30.000. En France, ils se sont produits à l’Olympia, au Zénith…pour le plus grand plaisir des jeunes, quels que soient leurs origines. Leur musique vient du cœur, elle inspire la force et la beauté de l’Afrique. Les gnawa sont, pour eux, une source continuelle d’inspiration

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